Je ne m'ennuie jamais toute seule de Lucie Lux

Le roman est entièrement dédié au thème de la masturbation. Cléo découvre la masturbation "manuelle" puis avec un vibromasseur et ne peut plus s'en passer. (Voir présentation plus complète).

extrait, p. 114 : "La machine est en route. Dès ses premières vibrations, une bouffée de chaleur m'envahit. La mécanique orgastique est en marche. Suit une énorme nappe de douceur. Mon corps se relaxe. [...] Je me laisse complètement aller à ce plaisir fort et régulier. Enfin, que je régule. Je découvre avec délice que ma maîtrise de l'engin se précise. Quand je sens la violence de l'orgasme s'amorcer, d'un mouvement léger du doigt, je l'abandonne pour d'autres plaisirs moins pressants. Puis je reviens au point sensible."

 

Jouissances de femmes, collectif.
Nouvelle La Masturbatrice d'Elizabeth Herrgott, pp.55-65

extrait :
J'arrête la main juste à l'entrée du vagin que je baigne de salive, les doigts bien humectés. Je suis rouge non pas de honte mais de plaisir.

 

Le grand cahier, Agota Kristof

extrait de la page 83 :
Elle est maintenant assise entre nous deux ; elle nous serre contre elle :
- Si j'avais deux petits bébés si beaux, je leur donnerais à boire du bon lait bien sucré, ici, là, là, comme ça.
Elle tire nos têtes vers ses seins qui sont sortis du peignoir et nous en suçons les bouts roses devenus très durs. La servante met les mains sous son peignoir et se frotte entre les jambes :
- Comme c'est dommage que vous ne soyez pas plus grands ! Oh ! comme c'est bon, comme c'est bon de jouer avec vous !
Elle soupire, elle halète, puis brusquement, elle se raidit.

 

Les continents féminins - Voyage au coeur du plaisir des femmes, Alain Héril, éd. Jean-Claude Gawsewitch, 2008.

extrait, p. 34 :
- ça y est ! Je l'ai fait ! Plusieurs fois même ! Je me suis branlée ! Oh ! ça fait du bien de le dire grossièrement ! Branlée ! Branlée ! Pascale s'est branlée et elle a aimé ça ! Oh ! mon Dieu, quel soulagement ! [...] Alors je me suis dit : "ça suffit maintenant ! Prends-toi en main ! Tu veux jouir seule ! Vas-y ! Qu'as-tu à perdre ? Rien ! Tu as tout à gagner."
Et je l'ai fait un jour, comme ça. Vous savez pourquoi je l'ai fait ? Parce que le ciel était bleu ! C'est bête, hein ! Le ciel est bleu, donc je me masturbe pour la première fois ! A quarante ans passés ! Quelle folie ! Non, non : quelle joie !

extrait, p. 212 :
Les femmes parlent de désir réfréné, de jouissance contenue. Comme si elles cherchaient encore, dans leur sexualité, à correspondre à un modèle comportemental où elles doivent être propres, agréables et, surtout, laisser entendre à l'homme que sans lui il n'y aurait pas de plaisir !
C'est sans doute pour cela que la masturbation féminine reste encore un tabou.
En lisant les témoignages des femmes fontaines qui vivent mal cette particularité, j'ai la sensation que ces femmes ont enregistré l'idée que l'orgasme féminin se doit d'être léger, à peine audible. Elles doivent être immobiles, ne pas transpirer. Et elles disent que les cris et les exultations ne sont finalement que ceux des actrices de films pornographiques... et qui, visiblement, simulent !
En revanche, lorsque la fontainisation est bien vécue (ou accepté par le ou la partenaire), c'est bien la notion de tumulte qui revient. [...]
Cette image de la femme sauvage est dérangeabte pour les hommes et la société en général, car elle renvoie à une dimension de la sexualité très païenne et très archaïque.

 

Les exploits d'un jeune don Juan, Guillaume Apollinaire

extrait, pp. 44-46 :
J'y pensais sans cesse et mon membre bandait constamment. Je le regardais souvent et jouais avec lui. Le plaisir que je trouvais à le tripoter m'incitait à continuer.
Dans le lit, je m'amusais encore à me mettre sur le ventre et me frotter contre les draps. Mes sensations se raffinaient de jour en jour. Une semaine se passa ainsi.
Un jour que j'étais assis dans le vieux fauteuil de cuir de la bibliothèque, l'atlas ouvert tout grand devant moi, à la page des parties génitales de la femme, je sentis une telle érection que je me déboutonnai et sortis ma pine. A force d'avoir tiré dessus, mon membre décalottait maintenant facilement. J'avais d'ailleurs seize ans et je me sentais complètement homme. Mes poils, devenus plus épais, ressemblaient maintenant à une belle moustache. Ce jour-là, à force de frotter, je sentis une volupté inconnue si profonde, que ma respiration en devint haletante. Je serrai plus fort mon membre à pleine main, je le relâchai, je frottai d'avant en arrière, je décalottai complètement, chatouillai mes couilles et mon trou du cul, puis je regardai mon gland décalotté, il était rouge sombre et luisait comme de la laque.
Cela me causait un plaisir inexprimable, je finis par découvrir les règles de l'art du branlage et frottai ma pine régulièrement en en mesure, si bien qu'il arriva une chose que je ne connaissais pas encore.
C'était une sensation de volupté indicible qui me força  à étendre les jambes devant moi et à les pousser contre les pieds de la table, tandis que mon corps, renversé en arrière, se pressait contre le dossier du fauteuil.
Je sentis que le sang me montait au visage. Ma respiration devint oppressée, je dus fermer les yeux et ouvrir la bouche. Dans l'espace d'une seconde, mille pensées me traversèrent la cervelle.
Ma tante, devant qui je m'étais tenu tout nu, ma soeur, les deux servantes avec leurs cuisses puissantes, tout cela défila devant mes yeux. Ma main frotta plus rapidement sur ma pine, une secousse électrique me traversa le corps.
Ma tante ! Berthe ! Ursule ! Hélène !... Je sentis mon membre se gonfler et, du gland rouge sombre, gicla une matière blanchâtre, d'abord en un grand jet, suivi d'autres moins puissants. J'avais déchargé pour la première fois. [...]
Je savais, par mes lecltures précédentes, que je venais de me livrer à l'onanisme. Je cherchai ce mot dans le dictionnaire et trouvai un long article là-dessus, si détaillé que quiconque n'en aurait pas connu la pratique l'aurait infailliblement apprise. [...]
Je remarquait, dans la suite, que l'onanisme ressemblait à la boisson, car plus on boit, plus on a soif...
 

 

En toutes lettres, Françoise Rey et Remo Forlani

Le loup n'est pas cet abominable tueur sanguinaire dont on effraie les petits enfants.
Tu m'as mangée bien doucement, bien tendrement, et j'ai joui dans mon fauteuil, ma joue contre le cuir parfumé, et les paupières serrées sur ton image...
Voilà ce que tu as fait de moi, une jouvencelle qui se caresse en s'imaginant de délicieuses choses dégueulasses. 

 

Le chalet suisse d'Elodie Büri

extrait, pp. 10-12 (dans le train) :
Il a enfoncé la main entre mes cuisses, que j'ai écartées légèrement pour qu'il puisse entreprendre de me caresser, mais le tissu tendu de ma jupe l'en empêchiat. Sans dire un mot, je l'ai retroussée jusqu'à mi-cuisses, puis il y a glissé sa main, cette fois par en dessous. [...]
A travers la dentelle, il a trouvé le haut de mon sexe et s'est mis à le masser. Par réflexe, j'ai écarté les cuisses davantage et ma jupe est encore remontée. [...]
Un instant, il a essayé de glisser les doigts à l'intérieur de ma culotte et de caresser directement la chair de mes petites lèvres, mais ce n'était pas pratique. De toute façon, c'était beaucoup plus agréable de garder la dentelle entre nous. Je la sentais qui se mouillait de plus en plus. [...]
Il m'a fait jouir alors que le train est entré dans un tunnel. Je lui ai demandé de retirer sa main. J'ai défait le bouton de son pantalon pour pouvoir glisser à mon tour les doigts à l'intérieur. Je suis allée chercher son sexe et je l'ai branlé jusqu'à ce qu'il éjacule dans ses vêtements.

 

Charlot s'amuse, Paul Bonnetain

Dès sa parution, en 1883, Charlot s'amuse provoque un énorme scandale : derrière son titre ironique, qui aurait été inspiré par Zola, il s'agit en effet d'un étonnant roman naturaliste traitant de... masturbation.
Le jeune Charlot, dont la mère est prostituée, découvre le plaisir solitaire le soir de l'enterrement de son père. Il s'essaie ensuite à l'amour des garçons, mais retombe inéluctablement dans l'onanisme. A l'armée, il a beau fréquenter les bordels, rien à faire, il en revient à " ses obscènes pratiques ". Il sera même tenté d'assassiner une fillette...
L'ouvrage rencontre un succès immédiat : on parle de cinq rééditions en quinze jours ! Paul Bonnetain, disciple reconnu de Zola, y gagne le surnom de " Bonnemain ". La polémique est virulente, et les poursuites judiciaires se déclenchent en 1884. L'auteur est acquitté par la Cour d'assises, mais le caractère provocateur de Charlot s'amuse a longtemps occulté la force de ce roman " beau, sinistrement, férocement beau " selon Alphonse Daudet. "

 

Le sabbat de Maurice Sachs, cité dans Le livre du plaisir de Catherine Breillat

Après une trêve de chasteté facile, mon corps se prit à diablement vouloir, j'eus un sommeil incertain, des moiteurs angoissées, des sécheresses fiévreuses : le drame commençait, un de ces drames que presque tous les êtres humains ont connu, la lutte de Jacob et de l'Ange, le refus forcené de soi-même, et l'abandon terrible qui s'ensuit, lutte d'ailleurs qui n'est tragique que parce que toute la civilisation nous en a fait un crime depuis notre enfance. Il n'est rien en somme dont l'homme ne se cache aussi totalement que de la masturbation. Notre jeunesse pourtant se développe autour et le nombre d'hommes et de femmes qui s'y adonnent, jusqu'au déclin de leurs désirs, est prodigieux. C'est le refuge de l'insatisfaction du coeur et des sens, c'est la douceur qui vient couvrir la douleur physique, c'est l'oubli, la préparation au sommeil, la continuation de la nuit, une lanterne magique où s'allument des images ravissantes, un épanchement furieux, une montée charmante au plaisir ; et c'est l'ombre, la solitude, la reconnaissance en soi de richesses fabuleuses, un amusement d'enfant, un cri d'homme, un soupir de femme, c'est à quelque âge qu'on ait la jeunesse retrouvée et par sa propre main comme un diplôme de beauté ; mais c'est aussi la honte, le secret, les portes fermées à double tour, la peur d'être surpris, le halètement retenu, l'objet familier détourné de son usage et approprié à des rages qui ne s'avouent pas, c'est l'oeil de la bête qui s'allume dans son visage qu'on ne reconnaît point, sa laideur étalée, des cris dont on a horreur, des soupirs qui montent d'on ne sait où, de bien plus loin et plus profond que l'homme, une buée qui vient aveugler les vitres du moi, et dans laquelle, prisonnier, l'on se tord, l'on se torture, l'on souffre, l'on se refuse et l'on se donne ! A qui ? A quoi ?  A rien, à personne, comme le clown qui lutte avec lui seul, ses propres mains agrippées à ses propres épaules. Ah ! que je me suis débattu dans cette cellule qui devenait tout à coup la chambre des démons ; je me jetais aux pieds du lit, je m'enfonçais dans la prière, mais le sang battait encore en plein ventre et rien d'inhumain ne pouvait abattre cette extrême turgescence qui me précédait comme un fanal et renvoyait en moi d'abominables lueurs. J'aurais pu hurler dans ma solitude ; je quittais la pièce ; je courais à la chapelle, au jardin ; je revenais, je m'agenouillais, je me relevais, je retombais, je repartais, je rentrais et je venais enfin m'abîmer, vaincu, dans une déchirante volupté.

 

Condamné amour de Cyril Collard, cité dans Le livre du plaisir de Catherine Breillat

Je suis entré dans les toilettes du train qui me ramenait d'Alexandrie. La lumière qui se reflétait sur les murs de plastique orange avait une teinte chaude. Le mur était mouillé, taché de boue. Derrière la vitre opaque des formes sombres défilaient. Comme des idées passagères. Je pissai. Machinalement, en boutonnant ma braguette, je me regardai dans le miroir fixé à la porte. Mon image se reflétait doublement : de face, puis de trois quarts dos, dans l'autre miroir qui se trouvait au-dessus du lavabo. Une terrible excitation montait en moi. Je fis tomber mon blue-jean sur mes genoux. Je portais un caleçon à fines rayures grises et blanches que j'avais acheté pour éviter aux élastiques d'un slip d'aggraver les plaies que j'avais à l'aine. Mon sexe se raidit. Je m'appuyai dos à la fenêtre et me touchai à travers l'étoffe du caleçon. Le tissu était lâche autour des cuisses. Je sortis par cet espace ma queue tendue et mes couilles. Je commençai à me branler. Le train ralentit et je crus qu'il allait s'arrêter. Mais il reprit sa vitesse de croisière. La poignée de la porte tourna puis revint à sa position de départ. Quelqu'un voulait entrer et j'étais face à lui. La porte nous séparait. Elle portait le miroir qui me renvoyait mon image et m'excitait. J'imaginais qui pouvait vouloir entrer. Personne, sans doute, qui pût combler mes fantasmes de jeunes garçons doux de violence au repos qui m'auraient sodomisé devant le reflet du miroir, ou de gamines lascives que j'aurais souillées d'un jet d'urine avant de les baiser. Mais cette pensée suffit à me faire jouir. Quand j'ouvris la porte et me trouvai face à deux femmes dont l'une tenait par la main un petit garçon grassouillet, mon sperme dégoulinait en rigoles blanchâtres sur le miroir.

 

Extension du domaine de la lutte, de Michel Houellebecq, cité dans Le livre du plaisir de Catherine Breillat

Je n'ai rien répondu ; je commençais à avoir envie de vomir, et je bandais ; ça n'allait plus du tout. J'ai dit : "Excuse-moi un instant..." et j'ai traversé la discothèque en direction des toilettes. Une fois enfermé j'ai mis deux doigts dans ma gorge, mais la quantité de vomissures s'est avérée faible et décevante. Puis je me suis masturbé, avec un meilleur succès : au début je pensais un peu à Véronique, bien sûr, mais je me suis concentré sur les vagins en général, et ça s'est calmé. L'éjaculation survint au bout de deux minutes ; elle m'apporta confiance et certitude.

 

Le complexe d'Icar d'Erica Jong, cité dans Le livre du plaisir de Catherine Breillat

Elle est allongée à côté de lui, parfaitement immobile. Elle doit se palper pour bien s'assurer qu'elle n'est pas morte. Elle songe aux deux premières semaines où elle s'était retrouvée avec une jambe dans le plâtre. Elle avait pris l'habitude de se masturber régulièrement, pour se convaincre qu'elle pouvait encore avoir d'autres sensations que la douleur. La douleur était sa religion, alors. Le plus total des engagements.
Sa main glisse sur son ventre. L'index droit caresse le clitoris, pendant que le gauche s'enfonce en elle, jouant les pénis. Qu'est-ce que ça peut bien ressentir, un pénis, avec toute cette douceur de chair qui l'enveloppe et qui cède et se creuse ? Trop petit, ce doigt. Elle en ajoute un second et écarte les deux en fourche. Mais les ongles sont trop longs et font mal.
Et s'il se réveillait ?
Peut-être est-ce cela qu'elle aimerait - qu'il  se réveille et voie comme elle se sent seule.
Seule, seule, seule. Elle bouge les doigts au rythme de ce mot et sent ceux qui sont à l'intérieur devenir doux et crémeux, tandis que le clitoris se hérisse, dur, rouge. Rouge... le bout des doigts est-il sensible aux couleurs ?  Rouge, c'est comme ça qu'elle le sent, au toucher, tandis que la caverne, les doigts la sentent pourpre. Pourpre royal. Comme si le sang, là en bas, était bleu.
- A quoi pensez-vous en vous masturbant ? lui demandait son psychanalyste allemand.
Il prononçait : A quoi pensez-fous ? (Je pense fou donc je suis.)
A vrai dire, elle ne pense à personne en particulier. Si, à tout le monde, plutôt. A son psychanalyste et à son père. Non, pas à son père. Impossible. A un homme dans le train, oui. Un homme avec un grand blanc à la place de la figure. Et le pénis qui a un oeil, unique et qui pleure.
Elle sent les convulsions de l'orgasme têter avidemment l'extrêmité et le pourtour de son doigt. Puis ses mains retombent le long de son corps et elle sombre dans un sommeil de mort.

 

Petites histoires horizontales de Cécile Philippe, cité dans Le livre du plaisir de Catherine Breillat

Eros mécanique de Pierre Bourgeade, cité dans Le livre du plaisir de Catherine Breillat

Le tueur sur la route de James Ellroy, cité dans Le livre du plaisir de Catherine Breillat

Le roi des fées de Marc Cholodenko, cité dans Le livre du plaisir de Catherine Breillat

 

Gamiani ou Deux nuits d'excès d'A. de Musset, cité dans Osez la masturbation féminine de Jane Hunt

Je m'arrête, je frémis, il me semble que je fonds, que je m'abîme, ah m'écriai-je, mon Dieu ah ah, et je me relevai subitement épouvantée, j'étais toute mouillée.

 

Roland Barthes de Roland Barthes, cité dans Osez la masturbation féminine de Jane Hunt

Elle a une bague à chaque doigt, et chaque ongle de ses deux mains est teint d'une couleur différente de ses voisins ; celui du medius, plus court, d'un carmin lourd, désigne grassement le doigt de la masturbation.

 

La forêt veuve de Silvagni, cité dans Osez la masturbation féminine de Jane Hunt

Y a la gamine innocente qui... aime bien l'invité... pire qu'un oncle... puis, dans un moment de silence... rouge de fierté et de honte de le faire, elle passe la jambe et bien à cheval, et écrase son bouton sur sa cuisse.

 

Tite belle de Robert Turner, cité dans Osez la masturbation féminine de Jane Hunt

Elle plaça la poire de caoutchouc avec mille précautions sur la tête du tit marin dans son canot qui frétillait comme un naufragé apercevant ses sauveteurs.

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